Les enfants migrateurs.
L'été n'est pas fini que, déjà, ils reviennent.
Accompagnés ou non, ils savent le chemin.
Ils ont l'esprit ailleurs, mais, qu'à cela ne tienne,
Une étincelle embrase leurs grands yeux malins.
Les cheveux bien coiffés et vêtus à la page,
Impatients de rentrer, ils traînent dans la cour.
A leurs parents inquiets, ont promis d'être sages.
Ils tiendront leur promesse, au moins le premier jour.
Enfin la cloche sonne et couvre quelques pleurs,
Sanglots vite étouffés quand le maître s'approche.
Ils se rangent sans bruit, ôtent les mains des poches,
Et, sans se retourner, suivent l'instituteur.
Ces enfants de septembre qui entrent dans la classe,
Ont replié leurs ailes et retrouvé leur place.
