LUI, fort de ses errances, s'attendrissait de nouveau en pensant à ELLE :
...Au plus loin de ton regard, se lisent des vers interminables et beaux.
Des abeilles accompagnent mon âme et je recueille les derniers serments de ces insectes absous à l'avance.
- Que feras-tu des bouquets que je t'offrirai tout au long du voyage ? Que penser de ces folies joliment composées qui lancent des parfums aussi coupables ?
Demain, je quitterai la maison de toutes les naïvetés qui me hantent déjà.
Demain, j'irai te voir...
Demain, je passerai autour de ton cou de nacre un collier de vérité et tu parleras. Je ne veux pas répondre à ta place.
Si tu acceptes de me suivre, nous oublierons à jamais la poussière des avenirs déçus.
Nous laisserons au jardin les roses que je n'ai pas consommées, toutes en vie, délicieuses et fragiles. Seuls les passants se blesseront à leurs épines...
Demain, si tu le souhaites enfin, d'une ardeur sans limite, nous refermerons les portes du : "avant tout ça" et nous nous délivrerons des pièges du passé : expériences trompeuses, inquiétudes folles, mensonges et flétrissures, forfaitures sans remords qui égratignent les c½urs, y ouvrant des blessures béantes...
Nous irons loin, sans bagages, sans honte ni regret, sans retour possible...
Je t'aime sans te connaître, toi qui est toujours là, devant moi, derrière, partout et aussi ailleurs.
C'est sans doute le moment de t'instruire de l'héritage que tu recevras, le seul qui vaille la peine, car les derniers troubadours sont morts pour que nous poursuivions leur quête. A notre tour nous irons par les sentiers éteints, vêtus de leur lumière et leurs vers nous donneront la main... Alors nous entrerons dans le pays autre, dans ce lieu d'aventure où la différence fait force de foi sans lois.
IL se berçait d'un amour insensé. ELLE habillerait son c½ur rouge de blanc avant de poser ses doigts délicats au creux de sa main d'homme...
Vie, amour, mort, trois mots mêlés, intimes...
Il cachait en son âme des pensées écarlates, des désirs pourpres aux ailes encore repliées.
Il semblait s'imaginer que les oiseaux se moqueraient de sa conscience s'il venait à s'envoler avec eux.