Ouvrir les portes de la Beauté...(1)



Beauté de l'immensité révélée, infinie, et radieuse

Beauté de l'eau qui montre le chemin

Beauté du ventre du monde

Beauté du corps, avec ses blessures qui ne cicatriseront jamais...
Beauté du doigt dressé comme un arbre dans la forêt des inquiétudes
Beauté inaltérable de la main que l'on pose sur l'homme pour lui venir en aide...

Beauté du sourire d'un enfant partageant avec un autre la vérité frêle d'un instant complice...

Beauté de l'amour transi, au bord de la compréhension

Beauté du fils de l'homme dans le matin blafard


Ouvrir les portes de la Beauté…(1)

# Posté le mardi 15 juillet 2008 16:36

Ouvrir les portes de la Beauté...(2)

Ouvrir les portes de la Beauté…(2)
LUI, fort de ses errances, s'attendrissait de nouveau en pensant à ELLE :

...Au plus loin de ton regard, se lisent des vers interminables et beaux.
Des abeilles accompagnent mon âme et je recueille les derniers serments de ces insectes absous à l'avance.

- Que feras-tu des bouquets que je t'offrirai tout au long du voyage ? Que penser de ces folies joliment composées qui lancent des parfums aussi coupables ?

Demain, je quitterai la maison de toutes les naïvetés qui me hantent déjà.
Demain, j'irai te voir...
Demain, je passerai autour de ton cou de nacre un collier de vérité et tu parleras. Je ne veux pas répondre à ta place.
Si tu acceptes de me suivre, nous oublierons à jamais la poussière des avenirs déçus.
Nous laisserons au jardin les roses que je n'ai pas consommées, toutes en vie, délicieuses et fragiles. Seuls les passants se blesseront à leurs épines...
Demain, si tu le souhaites enfin, d'une ardeur sans limite, nous refermerons les portes du : "avant tout ça" et nous nous délivrerons des pièges du passé : expériences trompeuses, inquiétudes folles, mensonges et flétrissures, forfaitures sans remords qui égratignent les c½urs, y ouvrant des blessures béantes...
Nous irons loin, sans bagages, sans honte ni regret, sans retour possible...

Je t'aime sans te connaître, toi qui est toujours là, devant moi, derrière, partout et aussi ailleurs.
C'est sans doute le moment de t'instruire de l'héritage que tu recevras, le seul qui vaille la peine, car les derniers troubadours sont morts pour que nous poursuivions leur quête. A notre tour nous irons par les sentiers éteints, vêtus de leur lumière et leurs vers nous donneront la main... Alors nous entrerons dans le pays autre, dans ce lieu d'aventure où la différence fait force de foi sans lois.

IL se berçait d'un amour insensé. ELLE habillerait son c½ur rouge de blanc avant de poser ses doigts délicats au creux de sa main d'homme...
Vie, amour, mort, trois mots mêlés, intimes...
Il cachait en son âme des pensées écarlates, des désirs pourpres aux ailes encore repliées.
Il semblait s'imaginer que les oiseaux se moqueraient de sa conscience s'il venait à s'envoler avec eux.

# Posté le mardi 15 juillet 2008 16:57

Haïku... pour rien (8)



L'oiseau migrateur
Se fourvoie au carrefour
De la tentation

Haïku... pour rien (8)

# Posté le mercredi 16 juillet 2008 05:10

L'affaire est dans le sac... (à Nans)

L'affaire est dans le sac... (à Nans)

Dans un vieux sac à dos, je promène ma vie :
Quelques feuillets épars, des crayons à dessin,
Que je puisse croquer, quand il me prend l'envie
D'exprimer un avis, (je le dis à dessein).


Et tant d'objets usés que je traîne avec moi :
Un beau couteau offert par une belle amie,
Le briquet de mon Vieux que j'allume parfois,
Du chat blanc qui me hante, une photographie,


Jusqu'à ce gros chandail que j'enfile le soir
Quand le froid me saisit ou quand tombe une averse...
Ce rien qui me rassure et du bonheur déverse.


Ces morceaux de moi-même entretiennent l'espoir.
Porter, tel l'escargot, ma maison sur mon dos,
C'est un plaisir divin et non plus un fardeau.

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 05:27

Modifié le jeudi 17 juillet 2008 05:41

Planétaire...





C'était le jardin de mes pères
Que je cultivais ardemment.
J'y bêchais des saisons entières.
Il me donnait bien du tourment.


Quand, de fatigue, je fus rompu,
Me suis appuyé sur le saule.
Pour moi les oiseaux se sont tus,
L'un s'est posé sur mon épaule.


Il m'a raconté que, jadis,
Ce jardin-là, c'était la Terre.
Il m'a parlé comme à un fils.
On a passé la nuit entière.


Il m'a dit que les gens d'avant
Avaient appris à faire la guerre,
Qu'ils étaient devenus trop grands,
D'autres vivant dans la misère.


Les uns dormaient dans des châteaux.
De leurs enfants, ils étaient fiers.
Mais tout au fond de leurs cerveaux,
S'était éteinte la lumière.


Les autres habitaient dans les rues,
Leurs petits n'allaient plus en classe ;
Ils mendiaient, ils étaient nus.
Ils avaient honte pour leur race.


Les premiers savaient voyager,
Ils avaient même conquis l'espace,
Laissant leurs enfants s'amuser
Et jouer aux savants à leur place.



Alors, l'un d'eux a appuyé
Sur le bouton de sa console.
Et une bombe a explosé.
La Terre en est devenue folle.


Les animaux ont disparu,
Les arbres ont sorti leurs épines.
Seuls, des oiseaux ont survécu
A cette aventure assassine...


Bien des années se sont passées
Et tu as retroussé tes manches.
Tu as ressemé des pensées
Et tes idées sont bleu pervenche.


Continue de creuser ainsi,
Parle à tes enfants de l'amour...
Plus de misère, plus de soucis,
La Terre ira à ton secours.


Planétaire...

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 06:12