Haïku... pour rien (3)

Haïku... pour rien (3)









Un papillon glisse
Sur la rosée intime
Des fleurs qui se pâment

# Posté le dimanche 11 mai 2008 05:02

L'esprit du jeu

L'esprit du jeu



Esprit famélique, je réclame des mots
Pour nourrir, sans surseoir, ta détermination
A comprendre pourquoi, sur Terre, mille maux
Enfantent mille joies sans une explication.


Tu te veux le témoin des grandes infamies
Qui assaillent les purs et en font des martyrs.
Tu crois que le bonheur résulte des manies
De tyrans assassins vautrés dans les plaisirs.


Tu sais que, de la faim, de la grande misère,
Naît la complicité qui fait de nous des frères,
Même si Dame Mort y pose son baiser.


Tu vois que, de la guerre et de l'adversité,
S'élève une clameur, un chant de liberté.
Et ce sont ces mots-là qui sauront t'apaiser.

# Posté le dimanche 11 mai 2008 05:32

A Mathilde...

A Mathilde...

Et te voilà rendue à l'autre bout du champ
Labouré avec moi en toute bienveillance.
Tu reprends ton chemin, tu t'en vas, et j'apprends
A mon esprit pantois le poids de ton absence.

Douce complicité qui nous unissait tant,
Inconsciente lueur, éternelle brillance
D'une émotion furtive illuminant l'instant,
D'un sentiment ouvert, d'un défi à la science.

Je vivais le bonheur à demi cohérent
D'un gamin fasciné, soumis en apparence,
Qui cherchait dans tes yeux un espoir délirant,
Et se faisait songeur devant tant d'insouciance.

Je prenais ton sourire un peu comme un printemps
Qui s'éterniserait pour gommer l'impatience
Que j'ai au fond de moi de remonter le temps ;
Et je buvais tes mots comme une eau de jouvence.

A l'aube des jours gris qui voilent le présent
Et éloignent de moi les saveurs de l'enfance,
Je voudrais te garder, petit elfe plaisant.
En te laissant fleurir, c'est à toi que je pense.

# Posté le jeudi 15 mai 2008 15:39

Sonnet à Eve

Sonnet à Eve

Le rêve de l'autre



Sous l'aulne tu dormais, à l'abri du zéphyr,
Eventée par les pleurs du vieil arbre chenu.
Un scarabée allait sur ton corps ingénu
Et séchait son élytre aux couleurs de porphyre.


Un rayon de soleil au creux de ton sourire,
Tes cheveux en repos et ce parfum ténu
Et ton corps dénoué comme un sarment charnu
Avivait mon espoir, animait mon délire.


Eve ! Te souviens-tu ? Tes seins mentaient au vent,
Aux feuilles du vieillard qui te servait d'auvent...
Tes seins mentaient au vent et ta bouche, à ma vie.


J'avais celé ton âme au coin de mon regard.
J'ai délaissé ton corps, ton visage et l'envie
A rongé l'avenir de mon esprit hagard.



# Posté le jeudi 15 mai 2008 15:53

Les enfants meurent aussi (5)

Les enfants meurent aussi (5)




Lorsque j'ai fermé pour la dernière fois tes yeux timides et doux,
Tu dormais,
Toujours belle dans la mort...
Et j'ai pleuré.




Celui qui a tué mon amie
Ne savait pas combien elle aimait faire l'amour
Sinon il l'eût courtisé
Au lieu de poignarder son ventre de neige.

# Posté le mercredi 21 mai 2008 03:34