Léa prend sa guitare, esquisse deux arpèges,
Accorde l'instrument ... Ses gestes sont précis...
Puis elle essaie un air - Erato la protège -
Une complainte sourd comme une prophétie.
Au bord de sa conscience, s'improvise un rêve
Qui la conduit soudain aux portes de l'espoir...
Et tandis qu'elle joue, un grand soleil se lève
Sur son visage lourd d'avoir broyé du noir.
Son regard éperdu, nourri par la musique,
Répand sans artifice une onde de chaleur
Qui orne son chemin d'un sentiment magique
Et instille en ses yeux un bouquet de couleurs.
La triste mélodie à l'accent insolite
S'échappe de ses doigts complices de son c½ur,
Et j'attends chaque accord comme preuve implicite
D'une harmonie étrange où l'esprit sort vainqueur.