Il n'y a pas de sots métiers : instituteur

Il n'y a pas de sots métiers : instituteur
Si tu sais regarder les enfants dans le c½ur
Et atteindre avec eux les portes de la vie...
Si tu veux être là pour prévoir leurs errances
Et leur donner la main pour trouver un chemin...
Si tu sais déguiser leurs larmes en sourires
Et tempérer leurs peurs par un simple bon mot...
Si tu veux leur montrer la couleur de l'espoir
Et faire de leurs succès un pont pour l'avenir...
Si tu sais transformer leurs erreurs en lumière
Et oublier la pluie quand naît un arc en ciel...
Si tu veux les aider à gommer l'impatience
Et les mettre à l'abri des vaines ambitions...
Si tu sais leur apprendre à protéger les faibles
A jeter au panier les fausses solutions...
Si tu veux déranger toutes leurs habitudes
Et hisser leurs défauts au rang de qualités...
Si tu sais composer des bouquets de patience
Et offrir à chacun un peu de leurs parfums...
Si tu veux les aimer plutôt que les comprendre
Et écouter leurs voix dans ce qu'ils ont à dire...
Si tu sais protéger, au nom des différences,
Leurs secrets de minots et leurs premiers émois...
Si tu veux leur offrir un peu de ta paresse
Et les laisser penser que tu es fou comme eux...
Si tu sais t'effacer quand ils s'envolent enfin
Et te faire petit pour qu'ils deviennent grands...
Si tu veux retrouver ta jeunesse en leurs yeux
Et enfreindre les lois qui t'éloigneraient d'eux...

Alors...
Un sourire mouillé, un baiser sur ta joue,
Un rire ensorceleur, un signe de la main...
Et puis, ils te diront :
« On reviendra te voir, on t'écrira bien sûr... »
Et tu seras guéri pour mille années au moins...

# Posté le mardi 04 novembre 2008 04:59

Modifié le mardi 04 novembre 2008 05:12


Ne pleure pas en lisant ce texte... Il ne faut pas gaspiller tes larmes.
Accepte plutôt les mots sans crainte. Ils ne sont pas mensonges même s'ils arrivent fanés. Leur parfum adoucit le présent ; c'est un cadeau sans prétexte, il est inestimable...

Dans la maison d'attirance qui absout nos c½urs en les unissant sans complot, j'ai l'impertinence de croire que tu cherches à tâtons la chambre noire où je développerai pour toi le désir au galop qui me consume.

Ce n'est pas dans un lit que je peux t'aimer, c'est beaucoup plus loin, dans les profondeurs insoupçonnées de ton intimité la plus secrète. Je me retrouve au bord de ton c½ur et, à l'idée de plonger dans cet univers rouge, je m'interdis toute pensée.

Un appel informel m'invite et nourrit l'appétit grandissant de mes inquiétudes.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 08:20

Debout la République !

Un peu de littérature dans ce monde de brutes et Vive la littérature française... !
Que peut-il ? Tout.
Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eut changé la face de la France,
de l'Europe peut-etre.
Seulement voilà, il a pris la France
et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche
à donner le change sur sa nullité ; c'est
le mouvement perpétuel ; mais, hélas !
cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise du pouvoir
a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.

On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !

Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde,
d'un homme médiocre échappé ".






Victor HUGO, dans " Napoléon, le petit "
Réédité chez Actes Sud

Tu pensais à qui ?


Faites circuler ce texte si vous en ressentez le besoin...

# Posté le dimanche 07 décembre 2008 08:24